05/08/2008

Toxicité des fumées d'incendie

Ces derniers jours, deux incendies importants ont touchés la région de Charleroi.

Un incident de ce type provoque toujours bien des désagréments :
- sinistre pour les propriétaires du bien
- perturbation économique lorsque ce sont des entreprises
- risques immédiats de la propagation de l'incendie
- travail (et risques) importants pour les pompiers et autres services de sécurité (protection civile, police, aide médicale urgente).

Les fumées dégagées lors d'un incendie sont toujours toxiques.

En effet, les fumées ont différentes caractériques qui font toute leur dangerosité.
- Elles sont
mobiles
- Elles sont chaudes (et provoquent des brûlures)
- Elles sont inflammables
- Elles sont opaques
- Elles sont chargées de gaz imbrûlés qui sont toxiques. Chacun d'entre-eux possède un degré de danger variable pour la population en fonction de la quantité présente dans l'air à proximité. Cela est largement influencé par les conditions météorologiques et le relief (vents, pluies, pression atmosphérique, etc.).

Ces gaz dont la combustion a été incomplète sont présents dans les fumées qui se dégagent.
Quels sont ils ?

En premier, le fameux CO2, responsable de l'effet de serrre ! A haute concentration, il empêche l'oxygène de remplir nos poumons et induit la mort par asphyxie.
Ensuite, d'autres gaz. Des milliers de composants ont été indentifiés en fonction des matières en feu. Les principaux sont
le monoxyde de carbone ;
      
le cyanure (si laine, orlon, nylon, polyuréthane, uréaformaldéhyde et ABS (acrylonitrile-butadiène-styrène)) ;
les halogénés (si matières plastiques) ;
l’acide acétique (si bois, papier, …) ;
les
oxydes d’azote (si végétaux)
l'
 acide chlorhydrique (HCl)
le cyanure,
etc.

Ces gaz sont irritants pour les yeux, la gorge et les voies respiratoires.

De plus, les gaz inhalés provoquent des lésions chimiques à 2 niveaux :
-         l’appareil respiratoire et surtout des poumons ;
-         tout l’organisme, en réalisant une véritable intoxication par les produits toxiques qui pénètrent dans l’organisme au travers de la respiration.

Enfin, l'effet toxique peut persister après extinction de l'incendie.

L'inhalation de fumée refroidie est d'autant plus pernicieuse qu'elle n'entraîne pas de sensation de gêne à court terme.

Celle-ci est à l'origine de maladies chroniques, neurologiques ou respiratoires, capables d'engager le pronostic fonctionnel à long terme.

En conclusion, les fumées sont toxiques. Il est indispensable de suivre les conseils des professionnels et de la police en surmontant sa curiosité et son héroïsme.
Port de l'ARI et des tenues appropriées.
Respecter le périmètre de sécurité et un confinement durant quelques heures peut vous épargner bien des soucis ultérieurement.

Les pathologies rencontrées sont variées :
- décompenation d'une pathologie pré-existente
- brûlures
- traumatisme
- irritation oculaire
- asthme
- intoxication par les fumées
- coup de chaleur d'exercice chez les pompiers
- erreurs liées à la fatigue (stress, durée d'intervention prolongée, soif, faim, etc.)

Prenez le vent comme un "ami", c'est à dire dans le dos.

Saluons au passage le travail de toutes ces équipes de secours qui travaillent sans relâche afin de protéger la population et notre environnement.

11:30 Écrit par Dr CD dans Pompiers | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : intoxication, epi, ari, interventions |  Facebook |