23/10/2009

Intoxication au CO

D'octobre à mars, tout acteur de l'aide médicale urgente porte son détecteur de CO en permamence lors de chaque mission.

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28/06/2009

intoxcation au Chlore (Cl-)

Qu'est-ce que le chlore ?

A température ambiante, le chlore est un gaz irritant de couleur jaune-vert avec une odeur très typique. Refroidi ou mis sous pression, il devient liquide et de couleur ambrée.
Son transport s’effectue sous forme liquide dans des conteneurs spéciaux.
L’usage du chlore est très répandu dans l’industrie :

  • agent de blanchiment (industrie du papier),
  • réactif dans divers processus de production,
  • désinfectant dans l’eau potable et dans les piscines, …

A quoi sert-il ?

Les tri- ou dichlorocyanurates, substances actives des « comprimés de chlore », utilisés pour la désinfection des piscines, produisent aussi des vapeurs de chlore en milieu humide.

Risques liés au chlore

Le chlore est très réactif : il est oxydant et corrosif. L’inhalation de vapeurs de chlore altère les muqueuses respiratoires. Cela peut entraîner des bronchospasmes et de l’inflammation bronchique évoluant parfois vers la bronchoconstriction.
Les intoxications sont souvent collectives, dans l’industrie ou dans les piscines mal entretenues ou défectueuses.

Les symptômes

Les symptômes dus à l’inhalation de vapeur de chlore dépendront

-         des circonstances de l’exposition (concentration et durée)

-         et des caractéristiques de la victime (enfant versus adulte, antécédents ou non de maladies cardiaques et/ou pulmonaires).

Les symptômes suivants peuvent être rencontrés :
à partir de 3 ppm : irritation oculaire, irritation des voies respiratoires supérieures (nez, pharynx) avec douleur lors de la respiration, toux,
et à partir de  6 ppm : dyspnée, nausée et vomissement, et même cyanose, œdème de la glotte et spasme laryngé.

Les premiers symptômes apparaissent quelques minutes après l’exposition.

Les complications à court terme sont

- l’œdème pulmonaire (< 24h)

- et l’ARDS (Adult Respiratory Distress Syndrome). L’ARDS est une insuffisance respiratoire progressive, qui survient sur poumons sains et qui grève le pronostic vital.

 

Les symptômes persistants plus de trois mois doivent évoquer le diagnostic de RADS (Reactive Airway Dysfunction Syndrome ou syndrome de Brooks). Il s’agit d’une affection comparable à l’asthme, qui apparaît après une exposition unique à un agent irritant sans trouble pulmonaire préalable.

Le diagnostic

Le diagnostic d’une intoxication au chlore repose avant tout sur l’anamnèse, l’examen clinique et le suivi des gaz du sang.
La radio du thorax dans les premières heures n’a de valeur que comparative. Elle confirmera un éventuel œdème pulmonaire.
L’analyse de la fonction pulmonaire en phase aiguë n’est pas utile, mais est très importante pour le suivi à plus long terme.

Le traitement

Il n’y a pas de traitement spécifique.
Les premiers secours évacueront la victime à l’air frais et la mettront au repos.
Si nécessaire, de l’oxygène et des broncho-dilatateurs sont administrés (β 2-mimétique – salbutamol par ex.).
Ni les corticoïdes, ni les aérosols de bicarbonate de sodium n’ont démontré leur efficacité clinique. De même, les antioxydants ne semblent pas utiles.
Les antibiotiques ne seront utilisés qu’en cas de surinfection.

Le suivi mensuel de la fonction respiratoire sera effectué chez les patients ayant développés un ARDS ou chez ceux présentant des symptômes persistants (RADS).

En cas d’intoxication collective (plus de 10 blessés légers, U2 ou U1), il convient de déclencher le plan catastrophe vie le centre 100 régulateur. (cf Arrêté Royal du 16/02/2006 relatif aux plans d’urgence et d’intervention et la circulaire ministérielle NPU-1 relative aux plans d’urgence et d’intervention.)

Conclusions

Une exposition unique à des vapeurs de chlore peut avoir de graves conséquences, tant à court qu’à long terme, et doit être prise au sérieux.

Références

  • M.Gorguner, S. Aslan, T. Inandi, Z. Cakir. Reactive airways dysfunction syndrome in housewives due to a bleach-hydrochloric acid mixture. Inhalation Toxicology, 16:87-91, 2004
  • E. Segal. Chlorine gas. EMedicine-Toxicity, june 2004
  • J.Meulenbelt. Specific treatments for lung damaging agents : do they exist? EAPCCT XXIV international congres, june 2004
  • B. Nemery, P.H.M.Hoet, D. Nowak. Indoor swimming pools, water chlorination and respiratory health. Eur Respir J 2002; 19:790-793
  • C. Tobback, M. Mostin. Poison centre and product safety surveillance : chlorine exposure due to household chlorine tablets. EAPCCT XX international congres, may 2000
  • C.E. Mapp, V. Pozzato, V. Pavoni, G. Gritti. Severe asthma and ARDS triggered by acute short-term exposure to commonly used cleaning detergents. Eur Respir J 2000;16: 570-572
  • D. Sexton, J.Pronchik. Chlorine inhalation: the big picture. Clinical Toxicology,36(1&2), 87-93 (1998)
  • Ministerie van tewerkstelling en arbeid, administratie van de arbeidsveiligheid, technische inspectie, directie chemische risico’s : checklist chloor, kenmerk: CRC/CL/003 versie: 1.1, september 1996
  • T. Martinez, C. Long. Explosion risk from swimming pool chlorinators and review of chlorine toxicity. Clinical Toxicology,33(4), 349-354 (1995)
  • E. Krenzelok, R. Mrvos. Chlorine/chloramine. Clinical Toxicology, 33(4),355-357(1995)
  • B. Nemery. Possible sequelae of inhalation injury. Cahier voor arbeidsgeneeskunde band XXXI, N°1-1994
  • S.M. Brooks, M. Weiss, L. Bernstein. Reactive airways dysfunction syndrome (RADS). Chest vol 88 n°3,376-384 (1985)
  • Agency for toxic substances and disease registry (ATSDR). Medical management guidelines for chlorine.
  • Chantal Bismuth. Toxicologie clinique. Flammarion, Médecine-Sciences. 2000

 

11/10/2008

Alerte de la Santé publique au sujet d’ecstasy fortement dosé

Différentes analyses de l’Institut scientifique de Santé publique indiquent des concentrations élevées et dangereuses de substance MDMA dans des tablettes d’ecstasy saisies. Les consommateurs de ces produits risquent d’absorber de fortes doses, avec de graves conséquences pour leur santé.

Des tablettes d’ecstasy fortement dosées circulent depuis plusieurs mois (de 120 à 147 mg MDMA (MDMA-base) par pilule). Ces pilules sont donc 2 à 3 fois plus dosées qu’une pilule d’XTC habituelle. Le risque de prendre une dose trop forte est en augmentation, surtout chez les utilisateurs non expérimentés.

Une dose de MDMA plus élevée cause davantage de dommages au cerveau. De plus, des tablettes hautement dosées ne sont pas seulement plus dangereuses au niveau des effets immédiats, mais aussi au niveau des effets à long terme.
Une overdose d’ecstasy (MDMA) peut mener à

-          une température qui est dangereusement élevée (+40°),

-          des troubles du rythme cardiaque,

-          une hausse de tension,

-          des convulsions et une confusion.


La couleur, le logo et les autres caractéristiques visibles des tablettes changent régulièrement. De plus, on ne peut jamais être certain de la quantité de substance active que contient une tablette lorsqu’on l’achète, ni de ses effets.

Il y a également une nouvelle forme d’ecstasy qui apparaît sous forme de petits cristaux, composés de MDMA quasi pure (95 à 98%). Le dosage correct de ces cristaux est très difficile pour l’utilisateur puisqu’ils sont de taille différente. Les effets sont donc imprévisibles.

- Pour des informations sur les drogues : Infor-Drogues (www.infor-drogues.be, ligne téléphonique 24h/24 : 02/227.52.52 et permanence Internet sur http://www.infordrogues.be/e-perm_index.php) ; Modus Vivendi (www.modusvivendi-be.org et www.myspace.com/modusfiesta).
- A Bruxelles, il existe le réseau "Quality nights" (www.qualitynights.be) informant sur les possibilités de sorties. Ce réseau est conscient des dangers, notamment de la consommation de drogue, et offre un cadre adapté.

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05/08/2008

Toxicité des fumées d'incendie

Ces derniers jours, deux incendies importants ont touchés la région de Charleroi.

Un incident de ce type provoque toujours bien des désagréments :
- sinistre pour les propriétaires du bien
- perturbation économique lorsque ce sont des entreprises
- risques immédiats de la propagation de l'incendie
- travail (et risques) importants pour les pompiers et autres services de sécurité (protection civile, police, aide médicale urgente).

Les fumées dégagées lors d'un incendie sont toujours toxiques.

En effet, les fumées ont différentes caractériques qui font toute leur dangerosité.
- Elles sont
mobiles
- Elles sont chaudes (et provoquent des brûlures)
- Elles sont inflammables
- Elles sont opaques
- Elles sont chargées de gaz imbrûlés qui sont toxiques. Chacun d'entre-eux possède un degré de danger variable pour la population en fonction de la quantité présente dans l'air à proximité. Cela est largement influencé par les conditions météorologiques et le relief (vents, pluies, pression atmosphérique, etc.).

Ces gaz dont la combustion a été incomplète sont présents dans les fumées qui se dégagent.
Quels sont ils ?

En premier, le fameux CO2, responsable de l'effet de serrre ! A haute concentration, il empêche l'oxygène de remplir nos poumons et induit la mort par asphyxie.
Ensuite, d'autres gaz. Des milliers de composants ont été indentifiés en fonction des matières en feu. Les principaux sont
le monoxyde de carbone ;
      
le cyanure (si laine, orlon, nylon, polyuréthane, uréaformaldéhyde et ABS (acrylonitrile-butadiène-styrène)) ;
les halogénés (si matières plastiques) ;
l’acide acétique (si bois, papier, …) ;
les
oxydes d’azote (si végétaux)
l'
 acide chlorhydrique (HCl)
le cyanure,
etc.

Ces gaz sont irritants pour les yeux, la gorge et les voies respiratoires.

De plus, les gaz inhalés provoquent des lésions chimiques à 2 niveaux :
-         l’appareil respiratoire et surtout des poumons ;
-         tout l’organisme, en réalisant une véritable intoxication par les produits toxiques qui pénètrent dans l’organisme au travers de la respiration.

Enfin, l'effet toxique peut persister après extinction de l'incendie.

L'inhalation de fumée refroidie est d'autant plus pernicieuse qu'elle n'entraîne pas de sensation de gêne à court terme.

Celle-ci est à l'origine de maladies chroniques, neurologiques ou respiratoires, capables d'engager le pronostic fonctionnel à long terme.

En conclusion, les fumées sont toxiques. Il est indispensable de suivre les conseils des professionnels et de la police en surmontant sa curiosité et son héroïsme.
Port de l'ARI et des tenues appropriées.
Respecter le périmètre de sécurité et un confinement durant quelques heures peut vous épargner bien des soucis ultérieurement.

Les pathologies rencontrées sont variées :
- décompenation d'une pathologie pré-existente
- brûlures
- traumatisme
- irritation oculaire
- asthme
- intoxication par les fumées
- coup de chaleur d'exercice chez les pompiers
- erreurs liées à la fatigue (stress, durée d'intervention prolongée, soif, faim, etc.)

Prenez le vent comme un "ami", c'est à dire dans le dos.

Saluons au passage le travail de toutes ces équipes de secours qui travaillent sans relâche afin de protéger la population et notre environnement.

11:30 Écrit par Dr CD dans Pompiers | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : intoxication, epi, ari, interventions |  Facebook |