03/11/2009

La bronchiolite est bientôt de retour

Tout enfant de moins de 2 ans peut attraper une bronchiolite, infection virale causée le plus souvent par un virus respiratoire syncytial (ou RSV). Cette infection est très courante et souvent bénigne mais elle peut être grave chez les tout-petits.

Plus de 4.000 cas de RSV sont diagnostiqués en moyenne chaque année.

En Belgique, les infections à RSV commencent généralement à partir de la 40ème semaine de l’année, soit début octobre et s’arrêtent très souvent fin mars, à la 15ème semaine.

Le plus grand nombre de cas est observé en général à la 50ème semaine, soit mi-décembre.
En 2008, l’augmentation a commencé 2 semaines plus tôt que précédemment, soit à la semaine 38 et le nombre maximum de cas a aussi été observé 2 semaines plus tôt, soit à la semaine 48.

Les symptômes :

La maladie commence le plus souvent par le nez qui coule, une toux sèche et une fièvre modérée.
D'autres signes tels le refus de s'alimenter, une grande pâleur, de l'agitation, voir même une cyanose des extrémités (signe de gravité) peuvent aussi se manifester.
Dans les jours qui suivent, la toux augmente, devient productive et les signes de difficulté respiratoire peuvent apparaître suite à l'accumulation de sécrétions dans les bronchioles. L'expiration sifflante est un signe caractéristique de la bronchiolite chez le nourrisson.
Les symptômes vont progressivement s'amender dans la semaine qui suit le début de l'infection mais la toux peut persister plusieurs semaines.
Durant la première infection à RSV, entre 25 et 40% des enfants ont des symptômes de bronchiolite et parmi ceux-ci, 0,5 à 2% présentent une infection sévère nécessitant une hospitalisation. Lors d'une seconde infection, les symptômes sont généralement moins sévères.
Comme pour toute infection virale, une infection à RSV peut causer un affaiblissement du système immunitaire et favoriser le développement d'une surinfection virale ou bactérienne, accompagnée de fièvre élevée.

Contagion :

Ce sont les adultes malades (rhume) qui contaminent les petits (< 2 ans). Alors, avant d’approcher un petit ange, on se lave les mains au minimum et si on est malade : ne pas s’approcher !!!!, ne pas l’embrasser.

Ce virus est porté soit par des gouttelettes de salive, émises en éternuant ou en toussant, soit par des poussières en suspension dans l'air. Il se répand par voie aérienne, par contact direct avec une personne infectée ou par contact indirect avec une surface ou un objet contaminé.
Il pénètre dans le corps au travers des muqueuses de la bouche ou du nez.
La transmission se fait principalement au tout début de l'infection. Le virus résiste quelques heures à température ambiante.

Conduite à tenir : en cas d’intervention

-       Soyez professionnels

-       Se laver les mains

-       Garder l’enfant plutôt en position assise ou semi-assise

-       Maintenir l’ambulance bien chauffée

-       Réconforter les parents par des mots et votre comportement

-       Pulse-oxymètre au pied, dans une chaussette éventuellement

-       Oxygène au besoin

-       Faire prendre la température de l’enfant par la maman.

Conseils pour les proches :

-       se laver les mains avant et après s'être occupé d'un enfant malade (le savon suffit à inactiver le virus),

-       éviter de fréquenter des lieux enfumés ou de fumer en présence d'un bébé,

-        éviter d'employer la tasse, le verre ou les couverts d'un enfant malade, ou de mettre en bouche sa tétine,

-       éviter de faire dormir dans la même chambre un enfant 'sain' et un enfant malade,

-       éviter de sortir un bébé de moins de 2 mois dans des lieux fort fréquentés,

-       pour les frères et sœurs enrhumés, éviter d'embrasser bébé,

-       ne pas laisser traîner des mouchoirs souillés (préférer les mouchoirs en papier),

-       dépoussiérer la chambre régulièrement; en effet, les poussières à l'abri de la lumière peuvent contenir des amas microbiens pathogènes pendant plusieurs jours,

-       ouvrir les rideaux de la chambre pendant la journée car la lumière solaire est bactéricide, même au travers d'une vitre de verre,

-       aérer quotidiennement la chambre de l'enfant et maintenir une température inférieure à 19°C,

 

22/10/2009

Trampoline : les enfants adorent cela mais ...

Un saut dans la fréquence des accidents de trampoline

Entre 2005 et 2007, 363 accidents de trampoline ont été enregistrés au service des urgences chirurgicales pédiatriques de l'hôpital de Graz (Autriche). Les circonstances de ceux-ci ont pu être connues dans 265 (73 %) cas. L'âge médian des patients était de 8,2 ans (de 1 à 14 ans), un quart avait moins de 6 ans ; 54 % étaient des filles. Le nombre annuel a augmenté de 28 en 2005 à 154 en 2007.
Les deux tiers des blessures sont survenues lors de l'utilisation par plus d'un enfant à la fois.
Les causes ont été un atterrissage défectueux (38,5 %), des collisions (21,1 %), des blessures au contact des parties rigides de l'appareil (12,1 %), un saut périlleux (11 %), une chute du trampoline, après avoir été poussé (7,1 %) ou avoir sauté seul (6,4 %).
La moitié des chutes sont survenues malgré le filet de sécurité mais dans 3,9 % des cas il existait un défaut de l'appareil. Un filet de sécurité n'était disposé que dans 57 % des cas, un tapis au dessous dans 12 % et les deux dans 14 % des cas alors que dans 17 % des cas, il n'existait aucun équipement de sécurité ; le sol au-dessous était même du béton dans 4,5 % des cas.
Le temps passé sur le trampoline a un rôle : 56 % des enfants accidentés y jouaient depuis plus de 15 mn, le temps moyen passé à sauter était de 36 mn ; seuls 4,9 % des enfants n'avaient jamais utilisé de trampoline ; dans 77,4 % des cas l'enfant était sous la surveillance d'un adulte.

Les lésions siégeaient aux membres inférieurs dans 51 % des cas, aux membres supérieurs (29 %), au tronc (11 %) et le reste à la tête et au cou sans que soient observées de lésions spinales, les plus redoutables.
Dans 60 % des cas, ces lésions ont été considérées comme bénignes : contusions (27 % des cas), entorses ou élongation (29 %) et sévères dans 40 % des cas, avec au premier rang les fractures, siégeant surtout au radius et au poignet, les ruptures ligamentaires étant plus rares.
Vingt et un patients (8 %) ont été hospitalisés dont 17 opérés pour réduction de fracture. Aucune corrélation n'a été trouvée entre l'âge et la sévérité des lésions ni le fait d'être surveillé par un adulte.

Au total, malgré des efforts d'éducation publique et l'amélioration du matériel, les accidents de trampoline sont de plus en plus fréquents. Le trampoline a été admis comme discipline olympique en 2000 mais les auteurs pensent qu'il devrait être interdit par la loi.

Ebert R et coll. : Trampoline-related injuries in childhood. Eur J Pediatr., 2009;168:1171-74

Conclusions :
- utiliser les équipements de sécurité
- un enfant à la fois
- séance de jeux de max 15 min.

01/11/2008

Convulsions hyperthermiques

Définition :

Les convulsions hyperthermiques (encore appelées fébriles) sont des crises d’épilepsie survenant à l’occasion d’une élévation de la température. Elles surviennent le plus souvent chez le petit enfant (entre 9 mois et 5 ans) et traduisent la susceptibilité plus grande du cerveau à déclencher une crise d’épilepsie en cas de fièvre à cet âge

Le diagnostic repose sur la coexistence

- d'une crise convulsive
- et d'une fièvre élevée, souvent supérieure à 39°C,
en dehors de toute infection du système nerveux central (méningite, méningo-encéphalite).

On distingue deux types :

a) Convulsion hyperthermique simple : 90% des cas

Les caractéristiques cliniques de la convulsion sont :

1. Age de survenue : entre 9 mois et 5 ans
2. Durée brève (inférieure à 10 minutes)
3. Crise généralisée, absence de déficit moteur post-critique
4. Absence de pathologie neurologique sous jacente

b) Convulsion hyperthermique complexe : 10% des cas

Les signes de gravité sont :

  1. Age de survenue : < à 9 mois ou > à 5 ans
  2. Durée de la crise > à 15 minutes
  3. Caractère focal de la crise, touchant un hémicorps ou accompagnée d'un déficit moteur post critique
  4. Retard psychomoteur antérieur à la crise convulsive ou examen neurologique anormal
  5. Antécédents familiaux d'épilepsie

Conduite à tenir :

-         Noter l’heure du début de crise et la durée de celle-ci
-         protéger l’enfant pendant la crise (traumatisme, morsure, …)
-         si obstruction des voies aériennes supérieures,
  o       placer une canule de Guedel de taille adaptée
  o       PLS
-         Surveiller attentivement l’enfant (conscience, ventilation, …)
Une fois la crise terminée,
-         Mesurer la température
-         faire baisser la température de l'enfant rapidement
  o       déshabiller totalement l’enfant
  o       donner un bain de 2° de moins que la température de l’enfant
  o       mouiller l’enfant (aussi la tête) avec de l'eau tiède sans l'essuyer et éventuellement placer l’enfant mouillé devant un ventilateur
-         L'enfant doit être examiné par un médecin après l'épisode (la possibilité d'une infection du système nerveux central doit cependant toujours être écartée)

-         Hospitalisation si
  o       première convulsion hyperthermique chez le nourrisson de moins de 2 ans
  o       crise complexe.
-         Dans le cas d'un pronostic favorable, le contraste est toujours grand entre la bénignité des convulsions hyperthermiques et le vécu dramatique des parents. Il doit être pris en compte dans l'évaluation et le choix de l'attitude thérapeutique.
-         Rechercher la cause de la fièvre
-         En cas de fièvre chez un enfant à risque de convulsions hyperthermiques, il parait prudent d’instaurer immédiatement un traitement antipyrétique. (Brit Med J 303 : 634-636 (1991)). 

Pronostic :

 -         Le risque de récidive après un premier épisode de convulsions hyperthermiques est de 20 à 40% ;
-         Les résultats d'une étude de cohorte chez 381 enfants montrent que les enfants ayant présenté des convulsions hyperthermiques, même récidivantes, sans traitement préventif ne diffèrent pas des enfants qui n' ont jamais fait de convulsions hyperthermiques pour ce qui concerne leur développement intellectuel et comportemental (N Engl J Med 338 : 1723-1728 (1998)).